La Rose de l’Espace : on vous dit tout !

Written by Helena Furgoni

25/07/2019

Nous vous l’avions promis…

Voici les résultats obtenus à l’issu du lancer de ballon de la Rose de l’Espace dans la stratosphère. Nous avons été surpris par certains résultats, qui risqueraient de vous surprendre aussi ! En montant jusqu’à 35 kilomètres d’altitude, la nacelle en polystyrène a subi des conditions extrêmes. Si la courbe d’altitude est plus symétrique que dans nos prédictions, c’est parce que le ballon au lieu d’exploser dans les airs s’est déchiré et est tombé plus lentement que prévu.

Une large zone couverte

L’altitude combinée à la distance totale parcourue nous a permis une belle couverture réseau. Le ballon a suivi les courants du vent, sans pour autant trop s’éloigner, ce qui a permis à l’équipe de récupérer la nacelle très rapidement (ce qui était, on vous le rappelle, un enjeu majeur quant à la réussite de la mission). Le ballon a parcouru un total de 174km de distance cumulée.

Nos différentes antennes disséminées à Strasbourg et dans la région ont toutes capté le ballon sonde. Une excellente nouvelle pour Strataggem ! (même si, forcément, on s’en doutait un peu).  

Des conditions extrêmes

Le ballon a été soumis à des conditions extrêmes tout au long du trajet, que ce soit vis-à-vis de la température qui ne cessait de descendre, de la pression ou encore de la vitesse lorsque la nacelle était soumise aux vents assez forts. De par ces conditions, les batteries de notre équipement déjà fatiguées par la longueur de la préparation et du vol plus importante que prévu, ont été achevées par la température très basse qui a entraîné une consommation énergétique plus conséquente. Certains capteurs se sont coupés dans la descente, à partir de 14h45 (soit après 4h10 de fonctionnement). Le ballon se trouvait alors à 18 285 mètres d’altitude, et la température extérieur atteignait -30 °C.

La température captée à l’intérieur du boîtier était plus clémente : alors que le climat extérieur atteignait -46 °C à 13 000 m d’altitude, la température la plus froide captée à l’intérieur de la nacelle n’est pas descendue en dessous de -9°C. 

Comme élément de comparaison, dans le village d’Oymyakon en Sibérie, considéré comme le village le plus froid du monde, la température moyenne en janvier est de -50°C. Une température extrêmement hostile lorsqu’on sait qu’une chambre froide dite négative (en dessous de 0°C) ne peut pas descendre en dessous de -30°C.

La vitesse a particulièrement retenu notre attention : la nacelle, faisant quelques dizaines de centimètres de diamètre, a subi des pics de vitesse jusqu’à 108 km/h à 31 000 m d’altitude, et sans pour autant être endommagée.

La pression atmosphérique a chuté jusqu’à 7,4 hectopascals. Au niveau de la mer, la pression est communément de 1013 hectopascals, mais il faut savoir qu’en moyenne, la pression atmosphérique diminue de 1 hPa tous les 8 mètres. Le ballon sonde, en montant en altitude, s’est rapproché de façon significative du vide absolu. 

Encore un grand merci à l’équipe de la Rose de l’Espace, sans qui cet évènement n’aurait pas vu le jour. Et, on l’espère, à l’année prochaine !

 

Les grands chiffres :

35 km   l’altitude maximale atteinte par le ballon

174 km   la distance totale parcourue

46°C   la température la plus basse enregistrée à l’extérieur du ballon

108km/h   le pic de vitesse le plus haut atteint

7,4 hPa   la pression la plus basse enregistrée par le ballon